Qu'est-ce que le canton de Pélussin ?

Pélussin: Joyau Historique et Naturel du Pilat

08/10/2024

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Située sur le flanc oriental majestueux du massif du Pilat, Pélussin est une commune française qui se déploie en amphithéâtre, offrant des panoramas imprenables sur la vallée du Rhône. Appartenant au département de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes, Pélussin est bien plus qu'un simple village ; c'est un carrefour d'histoire, de nature et de dynamisme local. Le canton de Pélussin regroupe plusieurs communes qui, ensemble, constituent un territoire riche en patrimoine et en paysages. Pélussin même est structurée en trois quartiers distincts: le quartier historique de Notre-Dame, celui des Croix, et tout en haut, Virieu, chacun contribuant à l'identité unique de cette localité.

Qu'est-ce que le canton de Pélussin ?
Le canton de Pélussin est constitué de communes qui s'étagent en amphithéâtre sur le flanc oriental du massif du Pilat. Pélussin est située en bordure du plateau oriental du massif du Pilat et est constituée de trois quartiers : Notre-Dame, Les Croix et Virieu.

La commune de Pélussin se trouve en bordure du plateau oriental du massif du Pilat, surplombant avec splendeur la vaste vallée du Rhône. Elle est fièrement intégrée au Parc Naturel Régional du Pilat, témoignant de son engagement envers la préservation de son environnement exceptionnel. L'altitude moyenne du village est d'environ 450 mètres, mais son relief est particulièrement marqué, s'étageant en une pente très rapide depuis les 140 mètres de la profonde vallée du Rhône jusqu'aux sommets du crêt de l'Œillon, culminant à 1 365 mètres. Cette diversité topographique confère à Pélussin un caractère unique et des vues à couper le souffle.

Au 1er janvier 2024, Pélussin est classée comme bourg rural selon la nouvelle grille communale de densité établie par l'Insee. Elle fait partie de l'unité urbaine de Pélussin, une agglomération intra-départementale regroupant six communes, dont Pélussin est la ville-centre. Cette position centrale, bien que la commune soit située hors de l'attraction des grandes villes, souligne son rôle important pour les localités environnantes.

Table des matières

Un Voyage à Travers le Temps: L'Héritage Romain

L'histoire de Pélussin et de ses environs est profondément ancrée dans l'Antiquité, notamment à l'époque romaine. Alors que Jules César menait sa conquête de la Gaule, il chassa les Allobroges de Vienne, transformant la cité en Colonia Julia. Suite à l'assassinat de César en l'an 44, les Allobroges reprirent leur ville aux Romains, qui, exilés de Vienne, s'en allèrent fonder la prestigieuse ville de Lyon, alors connue sous le nom de Lugdunum.

Les Romains, réputés pour leur ingénierie avancée, accordaient une importance capitale à l'approvisionnement en eau de leurs cités. Ils furent rapidement séduits par l'eau cristalline et pure qui jaillissait des montagnes du Pilat. C'est ainsi qu'au Ier ou au IIe siècle de notre ère, les ingénieurs impériaux entreprirent la construction de l'aqueduc du Gier, une prouesse technique reliant le Pilat à Lugdunum. Cet aqueduc, s'étendant sur 80 kilomètres, est remarquable non seulement par ses nombreux ouvrages d'art, mais aussi par une caractéristique unique dans le monde romain: la présence de quatre siphons, dont l'un traverse en souterrain la vallée de la Durèze, témoignant d'une maîtrise hydraulique exceptionnelle.

L'année 177 marqua le début des persécutions contre les chrétiens à Lugdunum. La légende locale raconte qu'à cette époque, un petit groupe de chrétiens trouva refuge dans les montagnes du Pilat, et plus précisément à Pulicinus ultra rhodanum, l'ancien nom de Pélussin. C'est là qu'ils auraient fondé l'église de Notre-Dame-sous-Terre, un lieu empreint de spiritualité et d'histoire. Plus tard, en 280, l'empereur Probus autorisa l'extension de la culture de la vigne en dehors de l'Italie. Dès lors, la vigne se développa sur les versants bien exposés du Pilat, donnant naissance à des terroirs viticoles renommés comme Condrieu et Chavanay. De cette époque romaine, le Pilat hérita également de la culture de divers arbres fruitiers, notamment les pruniers, les châtaigniers, les pêchers et les cerisiers, enrichissant ainsi son patrimoine agricole.

L'An Mil et les Fondations Spirituelles

L'histoire écrite du Pilat aux alentours de l'an mil est principalement d'ordre ecclésiastique, marquée par trois fondations religieuses majeures qui ont façonné le paysage spirituel de la région. Le Pilat et la Savoie se disputent l'honneur d'être le lieu de naissance de Pierre de Tarentaise, né en 1224 à Tarentaise, près du Bessat. Ce personnage illustre devait plus tard accéder à la papauté sous le nom d'Innocent V, avant de décéder en Italie, à Arezzo, en 1276.

Outre le village-chartreuse de Sainte-Croix, on peut encore aujourd'hui admirer des éléments architecturaux romans remarquables, tels que l'église de Bourg-Argental ou la chapelle de Jurieu, située près de Sainte-Croix. Ces édifices témoignent de la richesse architecturale et spirituelle du Pilat médiéval.

L'année 1324 fut une période de gloire éphémère pour Malleval, qui fut le théâtre du mariage de Renaud de Forez et de Marguerite de Savoie. Renaud, fils cadet de Jean de Forez, avait initialement envisagé une carrière ecclésiastique. Cependant, ses ambitions l'amenèrent à renoncer à cet état pour se marier et bénéficier de la dot de sa femme. Devenu fortuné, il n'eut de cesse d'agrandir son domaine par l'acquisition des paroisses de Chavanay et de Pélussin, et d'embellir son château et sa ville de Malleval, qui atteignit son apogée avec près de 300 maisons. Malheureusement, cette prospérité fut de courte durée. Renaud ne laissa pas d'héritier et fut frappé de folie après avoir été fait prisonnier lors de la bataille de Brignais en 1361, un affrontement entre les troupes royales et les Tard-Venus, une bande de brigands qui écumaient le royaume de France à la fin de la Guerre de Cent Ans. Cet événement entraîna le transfert de la capitale du Forez-viennois à Bourg-l'Argental.

Les Guerres de Religion et l'Avènement de l'Industrie de la Soie

Les guerres de religion ont laissé des cicatrices profondes dans le Pilat, qui se trouvait à une véritable « frontière » religieuse. Au sud, la ville d'Annonay était un bastion protestant, tandis qu'au nord, Lyon et Vienne étaient des centres catholiques. Cette position géographique en fit un lieu de tensions et de conflits.

Parmi les nombreuses batailles et trahisons de cette période tumultueuse, la bataille du Bessat, en 1572, est particulièrement notable, opposant violemment les deux camps. Cette période fut également marquée par le déclin de Malleval, dont la chute est attribuée à Jean de Fay, seigneur de Virieu. Initialement catholique, Jean de Fay combattit la Réforme en Languedoc. Cependant, il devint protestant et, profitant des désordres de la guerre, pilla la région du Pilat avec ses troupes, opérant depuis Malleval. Pour mettre fin à ces ravages, en 1574, Christophe de Saint-Chamond, gouverneur du Vivarais, ordonna le démantèlement des maisons, des murailles et du château de Malleval sur ordre royal. Par la suite, un compromis fut signé le 25 avril 1574 au château de la Condamine entre les catholiques, Jean de Fay (mandaté par le roi Henri III), et la ville protestante d'Annonay. Le roi nomma alors André de Harenc, protestant et seigneur du château de la Condamine, commandant des places du château de Virieu et d'Annonay, six semaines après son mariage avec la fille de Jean de Fay.

À la même époque, l'industrie de la soie commença à s'implanter dans le Pilat, sous la protection des seigneurs locaux. Antoine Gayotti, dont la famille possédait des moulins à Bologne dès le milieu du XVe siècle, fut l'un des pionniers. Il s'installa d'abord dans le Piémont italien, puis en 1536 à La Valla-en-Gier, aux sources du Gier, et enfin à Saint-Chamond. Gayotti bénéficiait de la protection de Just de Tournon, baron de Tournon, comte de Roussillon et bailli du Vivarais. Il fut rapidement suivi par ses compatriotes, Pierre et Horace Benay, en 1572. En 1586, Jean-Antoine Benay, le fils d'Horace, s'installa à Virieu pour profiter de la protection du château de Virieu, qui avait été reconstruit par Jean de Fay. Ce dernier, revenu à la religion catholique dans un souci d'apaisement et dans le but de restaurer la paix dans une région riche en artisans, protégea l'émigré bolonais et l'autorisa à exercer son industrie de la filature de la soie grâce à une concession, un épisode détaillé dans les annales de la Société d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles-lettres du département de la Loire.

Le Siècle de Louis XIV: Prospérité et Défis

L'industrie de la soie apporta une prospérité significative à Pélussin et à sa région au XVIIe siècle. Cette activité offrait aux Pélussinois une indépendance bienvenue face aux aléas des mauvaises récoltes, un avantage considérable à une époque où les famines étaient une menace constante et difficile à combattre. Grâce à la soie, les habitants de Pélussin purent vivre dans de meilleures conditions que ceux qui dépendaient entièrement des caprices du temps. Cependant, malgré cette industrie naissante, un exode rural se fit sentir. Globalement, la population du Pilat connut une diminution tout au long du XVIIe siècle, un phénomène complexe influencé par divers facteurs économiques et sociaux.

Un événement notable de cette période fut la visite de Jean-Jacques Rousseau en août 1769. Le célèbre philosophe vint herboriser dans les parages de Pélussin, mais sa récolte ne fut malheureusement pas très fructueuse, car il était venu à la mauvaise saison pour ses recherches botaniques.

Le XIXe Siècle: La Guerre des Clochers et l'Avènement du Rail

Le XIXe siècle fut une période de bouleversements et de transformations pour Pélussin, marquée notamment par un conflit local resté dans les annales sous le nom de « Guerre des Clochers ». À cette époque, l'ancienne église paroissiale étant devenue trop petite pour accueillir la population grandissante, il fut décidé de construire un nouveau lieu de culte à mi-chemin entre les quartiers de Notre-Dame et de Virieu. Cette décision ne fit pas l'unanimité: les habitants de Notre-Dame s'opposèrent farouchement au projet. Leur résistance fut telle qu'ils allèrent jusqu'à monter la garde autour de l'ancienne église, à cacher la cloche dans un puits, et même à menacer de changer de religion en faisant venir un pasteur protestant. Le calme ne revint qu'après la prise de décision de séparer Pélussin en deux paroisses distinctes: Notre-Dame et Saint-Jean, apaisant ainsi les tensions.

Le XIXe siècle vit également une révolution dans les transports avec l'arrivée de « La Galoche ». En 1883, face à l'augmentation de la population du Pilat et au besoin de nouveaux emplois, le conseil régional de la Loire décida la création d'une ligne de chemin de fer reliant Saint-Étienne à Pélussin. Cette ligne, concédée en 1893 aux Chemins de fer départementaux de la Loire (CFDL), visait à permettre aux jeunes de la région de rejoindre plus facilement les usines de la vallée du Gier.

Huit ans plus tard, la Galoche atteignait Pélussin. Ce train, plutôt rustique, circulait sur une voie unique et sinueuse. De Saint-Étienne à Grand-Croix (la Bachasse), la Galoche empruntait la voie du Tramway. À la Terrasse, la voie décrivait un rebroussement, nécessitant un changement de locomotive, un manœuvre qui ajoutait au charme de ce mode de transport. La vie de la Galoche fut émaillée de nombreux incidents. Deux accidents particulièrement graves sont à déplorer: le 6 février 1910, la Galoche percuta un tramway à l'Horme, faisant un mort et une vingtaine de blessés ; le 1er juin 1912, à 21h15, en gare de Pélussin, le train sortit de ses rails et atterrit 7 mètres plus bas dans un champ de pommes de terre, un événement spectaculaire qui marqua les esprits.

La ligne de chemin de fer fut prolongée jusqu'à Maclas en 1917, un projet qui nécessita la construction de deux viaducs impressionnants. Le plus grand mesurait 170 mètres de long et 58,5 mètres de haut, tandis que le plus petit atteignait 93 mètres de long pour 4 mètres de large. Finalement, le train fut remplacé par un service de cars en 1931, marquant la fin d'une ère pour la Galoche.

Pélussin Aujourd'hui: Entre Tradition et Innovation

Les XIXe et XXe siècles furent incontestablement les siècles de l'industrie pour Pélussin et le Pilat. Les habitants de la région, avec ingéniosité, surent dompter les rivières dévalant du crêt de l'Œillon pour alimenter de nombreuses usines de moulinage et de tissage. En 1840, l'industrie de la soie employait déjà 2 000 personnes dans les moulinages, et l'on comptait pas moins de 16 000 mûriers, essentiels à l'élevage des vers à soie. En 1905, cette activité faisait vivre plus de 1 200 personnes, principalement des jeunes femmes qui y trouvaient le moyen de constituer leur dot. Cette tradition du travail de la soie perdure encore aujourd'hui, sous la forme d'ateliers qui allient savoir-faire traditionnel et technologies de pointe.

Depuis la guerre, avec le déclin progressif de l'industrie de la soie, Pélussin a su se réinventer. En 1983, un jeune ingénieur laitier dauphinois, Jean-Claude Guilloteau, inventeur d'un nouveau procédé de fabrication du fromage, choisit Pélussin pour y installer la production de son célèbre « Pavé d'Affinois ». En pleine expansion, cette industrie fromagère a insufflé un nouvel élan économique à la région, créant de nombreux emplois et portant la renommée de qualité de Pélussin bien au-delà des frontières de la France, jusqu'à l'étranger. Cette diversification économique est un exemple éloquent de la capacité d'adaptation et de l'esprit d'entreprise qui caractérisent Pélussin.

Tableau Récapitulatif: Évolution de Pélussin à Travers les Âges

PériodeÉvénements MarquantsActivités Économiques / Innovations
Antiquité (Ier-IIe s.)Construction de l'aqueduc du Gier, Refuge chrétien, Développement de la vigne et des cultures fruitièresAgriculture (vigne, arbres fruitiers), Ingénierie (aqueduc)
Moyen Âge (An Mil - XIVe s.)Fondations religieuses, Innocent V, Mariage de Renaud de Forez, Déclin de MallevalAgriculture, Artisanat local
XVIe - XVIIe s.Guerres de Religion, Implantation de l'industrie de la soie (Gayotti, Benay), Protection des seigneursIndustrie de la soie (moulinage, tissage), Agriculture
XIXe s.« Guerre des Clochers », Arrivée de « La Galoche » (chemin de fer), Accidents ferroviairesIndustrie de la soie, Transports ferroviaires
XXe - XXIe s.Déclin de la soie, Implantation du « Pavé d'Affinois », Développement des ateliers traditionnels et haute technologieIndustrie de la soie (modernisée), Industrie fromagère (Pavé d'Affinois)

Questions Fréquentes sur Pélussin

Q: Où se situe Pélussin ?
R: Pélussin est une commune française située dans le département de la Loire, en région Auvergne-Rhône-Alpes, sur le flanc oriental du massif du Pilat. Elle surplombe la vallée du Rhône et fait partie du Parc Naturel Régional du Pilat.

Q: Quels sont les principaux quartiers de Pélussin ?
R: Pélussin est constitué de trois quartiers principaux: Notre-Dame, Les Croix et, tout en haut, Virieu.

Q: Quelle est l'altitude de Pélussin ?
R: L'altitude moyenne du village est d'environ 450 mètres, mais la commune s'étage de manière significative, depuis la vallée du Rhône (140 m) jusqu'au crêt de l'Œillon (1 365 m).

Q: Qu'est-ce que l'aqueduc du Gier ?
R: C'est un aqueduc romain de 80 km construit au Ier ou IIe siècle, reliant le Pilat à Lugdunum (Lyon) pour alimenter la ville en eau. Il est unique dans le monde romain pour ses quatre siphons, dont un souterrain.

Q: Quelle est l'importance de l'industrie de la soie pour Pélussin ?
R: L'industrie de la soie a été une activité économique majeure pour Pélussin et le Pilat du XVIe au XXe siècle. Elle a apporté prospérité, créé de nombreux emplois (notamment pour les femmes) et a permis aux habitants d'être moins dépendants des récoltes agricoles. Elle perdure encore aujourd'hui sous des formes modernes.

Q: Qu'est-ce que « La Galoche » ?
R: « La Galoche » était le surnom donné à une ligne de chemin de fer rustique qui reliait Saint-Étienne à Pélussin (et plus tard Maclas) à partir de 1891. Elle a été un moyen de transport vital pour la région avant d'être remplacée par des cars en 1931.

Q: Quel est le « Pavé d'Affinois » et son lien avec Pélussin ?
R: Le « Pavé d'Affinois » est un fromage inventé par Jean-Claude Guilloteau. En 1983, il a choisi Pélussin pour y installer la fabrication de ce fromage, qui est devenu une industrie en pleine expansion, créant des emplois et portant la renommée de Pélussin à l'échelle nationale et internationale.

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